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La Charte 50+ franchit un nouveau cap : 430 organisations engagées pour l’emploi des seniors

Publié le : 16/04/2026

Le 13 avril, dans les salons du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, nous avons réuni les nouveaux signataires de la Charte 50+ pour une cérémonie historique. Pour la première fois, des acteurs du secteur public rejoignent le collectif. Retour sur une journée qui confirme que l’emploi des 50+ est un sujet qui rassemble.

Lancée en 2022 avec le groupe L’Oréal, la Charte 50+ est devenu le cadre d’engagement inter-entreprises en faveur de l’emploi des salariés de plus de 50 ans. Lundi 13 avril, dans les salons du Quai d’Orsay, nous avons accueilli les 66 nouvelles organisations signataires.  La Charte fédère désormais plus de 430 structures et représente près de 4 millions de salariés.

Le constat qui justifie cette mobilisation est à la fois démographique et économique. Aujourd’hui, un salarié sur trois a plus de 50 ans. Le vieillissement de la population active transforme en profondeur les organisations, qui doivent repenser leurs pratiques de recrutement, de formation et de gestion des carrières. C’est précisément pour accompagner cette transition que le Club Landoy a conçu la Charte, articulée autour de dix points d’action couvrant l’ensemble du parcours professionnel des seniors – du recrutement jusqu’à la préparation à la retraite. Nous en sommes convaincus : les 50+ et leur expérience sont une richesse pour les entreprises. La Charte est l’outil pour leur donner toute leur place au sein des organisations.

Le secteur public entre dans la danse

La cérémonie du 13 avril marque un tournant symbolique : pour la première fois, des acteurs publics d’envergure nationale et régionale rejoignent la Charte. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la région Île-de-France et la ville de Versailles figurent parmi les nouveaux signataires, aux côtés d’entreprises issues de secteurs aussi variés que les médias, l’éducation, le sport, le bâtiment, la distribution ou le transport, et de structures de toutes tailles, des TPE aux grandes entreprises, réparties sur l’ensemble du territoire national.

Cette ouverture au secteur public constitue pour nous un signal fort. Elle illustre l’importance croissante des enjeux liés à l’emploi des 50+ dans l’ensemble de la société, bien au-delà du seul monde de l’entreprise privée. Elle témoigne aussi d’une prise de conscience collective : face à la transition démographique, personne ne peut rester à l’écart. Les employeurs publics, qui représentent une part considérable de l’emploi en France, ont un rôle essentiel à jouer dans la généralisation des dispositifs portés par la Charte.

Un retard français documenté, des leviers qui existent

En France, le taux d’emploi des 55-64 ans s’établit à 60,4%, contre 75,2 % en Allemagne et 77,8 % en Suisse, pour une moyenne européenne à 65,2 %. Cet écart considérable illustre l’ampleur des marges de progression et la nécessité d’une action immédiate.

Les leviers d’action existent. D’autres pays européens ont su faire évoluer leurs pratiques et leurs cultures d’entreprise pour mieux intégrer les seniors dans le marché du travail. C’est précisément pour s’en inspirer que nous avons souhaité inscrire cette cinquième cérémonie de signature dans une perspective résolument européenne.

Pour éclairer ces enjeux, nous avons réuni Tania Cavassini, ambassadrice de Suisse en France, Gudrun Lingner, ministre plénipotentiaire près de l’ambassade d’Allemagne, et Stéphane Carcillo, directeur de la division Emploi et Revenus de l’OCDE.

Tous trois ont partagé les pratiques mises en œuvre dans leurs pays respectifs et à l’échelle internationale. Les témoignages de la Suisse et de l’Allemagne se sont révélés particulièrement éclairants : dans ces deux pays, des politiques de développement des compétences conjuguées à une adaptation des conditions de travail — placées au cœur du dialogue social — permettent d’atteindre un taux d’emploi des seniors nettement supérieur à celui de la France. Autant d’exemples dont notre pays pourrait s’inspirer, et qui constituent une source précieuse d’inspiration pour les entreprises engagées au sein de notre collectif.

Des entreprises qui agissent, des pratiques qui font leurs preuves

Au-delà du regard européen, nous avons également voulu donner la parole aux entreprises qui agissent au quotidien. Trois directeurs des ressources humaines engagés au sein du Club Landoy ont témoigné des initiatives déployées dans leurs organisations : Aadil Bezaa, DRH France de Sanofi, Yan Pataki, DRH de Sodexo France, et Anne-Catherine Ropers, DRH du groupe Crédit Agricole S.A.

Parmi leurs priorités : la transmission des compétences entre générations. Avec près d’un salarié sur trois ayant plus de 50 ans, les entreprises disposent d’un capital d’expérience considérable qu’il serait absurde de laisser partir sans le valoriser ou le transmettre. Mentorat, tutorat, binômes intergénérationnels : les dispositifs existent, ils fonctionnent, et les entreprises signataires en témoignent.

Des indicateurs qui montrent des progrès réels

Pour mesurer l’impact concret de la Charte, nous nous appuyons sur des données précises et comparables d’une année sur l’autre. En 2026, 114 entreprises et structures ont partagé leurs données afin de constituer les Indicateurs 50+, un référentiel commun permettant à chaque organisation de mesurer ses actions et de se comparer à la moyenne collective sur quatre grands axes : représentation, formation, mobilité interne et recrutement.

Les résultats de cette édition témoignent d’une dynamique positive et encourageante.

En matière de représentation, les collaborateurs 50+ représentent désormais 34 % des effectifs des entreprises signataires, soit deux points de progression en un an.

Sur la formation, plus d’un quart des heures suivies en entreprise bénéficient aux 50+. C’est un résultat important, qui contredit l’idée reçue selon laquelle les seniors seraient moins investis ou moins prioritaires dans les plans de développement des compétences.

Pour la mobilité interne, un quart des mouvements sont opérés par des collaborateurs de 50 ans et plus.

Enfin, sur le recrutement – souvent le point le plus difficile, celui où les biais sont les plus tenaces – plus d’un candidat recruté sur cinq a plus de 50 ans, une progression de trois points en un an.

Ces données quantitatives s’appuient également sur une étude qualitative conduite par l’Oréal depuis 2024 auprès du collectif des signataires, qui a permis d’identifier plus de 405 dispositifs mis en œuvre pour mieux intégrer les salariés de 50+. Un réservoir de solutions testées et approuvées par des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Ces résultats confirment ce que nous observons chaque année au sein du collectif : quand les entreprises s’emparent sérieusement du sujet, les résultats sont au rendez-vous.

Un guide de 50 solutions pour aller plus loin

Pour prolonger cette dynamique et faciliter le partage de bonnes pratiques, nous publierons en juin prochain le Guide « 50 solutions pour les 50+ ». Ce document dressera un panorama complet des initiatives existantes en faveur de l’emploi des plus de 50 ans, et permettra à chaque organisation de s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs pour accélérer sa propre transformation.

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