En décembre 2020, les Nations Unies ont désigné la période 2021-2030 comme la Décennie pour le vieillissement en bonne santé (Decade of healthy aging). Cette déclaration vise à sensibiliser l’ensemble de la société à ce phénomène, à favoriser la collaboration multisectorielle pour tirer parti des changements démographiques rapides, et à reconnaître que le vieillissement démographique est une mégatendance mondiale qui touche tous les pays.
Or, cette mégatendance mondiale ne se manifeste pas de la même façon dans tous les pays. Les changements démographiques les plus rapides ont lieu dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Selon les données de l’AARP (American Association of Retired People), ces pays abriteront près de 80 % des personnes âgées de 65 ans et plus d’ici 2050; avec la croissance la plus rapide qui se produira en Afrique subsaharienne.
Le vieillissement n’affecte pas non plus tous les groupes de manière égale. L’initiative ARC 4.0 (Aging Readiness and Competitiveness) de l’AARP révèle des disparités importantes entre hommes et femmes. Si les femmes vivent plus longtemps, elles connaissent aussi davantage d’années de fragilité en termes de santé et de précarité financière, quel que soit le niveau de développement du pays.
Face à ce constat, la dernière édition de cette même étude (Aging Readiness and Competitiveness Initiative 5.0), publiée en avril 2025, explore des solutions permettant de réduire l’écart de sécurité de revenu entre les sexes chez les personnes âgées dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Le potentiel économique des populations vieillissantes doit être pleinement exploité et devrait contribuer à hauteur de 118 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2050.
Les principales mesures mises en avant par cette étude, qui a recensé toutes les initiaitves qui soutiennent la sécurité financière des femmes, sont :
- La croissance annuelle du PIB est fortement liée à l’amélioration de la longévité en bonne santé des hommes et des femmes âgés, d’après les données provenant de 172 pays.
- Les pensions de retraites ont un impact positif sur le quotidien des bénéficiaires, notamment en réduisant la pauvreté et en améliorant la sécurité alimentaire, le recours aux soins de santé et la participation sociale. Au Mexique, le programme non contributif de retraites pour les femmes (Pensión Mujeres Bienestar) améliore la sécurité financière des femmes âgées de 60 à 64 ans.
- Les programmes de pensions de retraite stimulent la croissance économique globale : le modèle sud-africain de subvention pour personnes âgées touche près de 75 % des Sud-Africains âgés de 60 ans et plus et rapporte 1,4 rand à l’économie pour chaque rand investi.
- Seuls 55 % des habitants des pays du G7 et 28 % des habitants des économies émergentes possèdent les connaissances financières nécessaires pour planifier leur avenir, ce qui constitue un frein à la sécurité financière et au vieillissement en bonne santé. Des programmes d’éducation financière sont mis en place pour y remédier, comme le programme d’éducation financière Citi-Tsao pour les femmes seniors à Singapour, qui s’est avéré efficace pour favoriser l’autonomie financière à long terme.
Alors que nous entrons dans la seconde moitié de la Décennie pour un vieillissement en bonne santé, la communauté internationale doit s’appuyer sur les expériences réussies pour pouvoir tenir sa promesse. L’AARP souligne que cette approche est indispensable, en présentant des solutions mises en œuvre à travers le monde pour améliorer la sécurité financière et le bien-être des femmes âgées, lesquelles constitueront la majorité de la population âgée mondiale dans les décennies à venir. Les dirigeants et toutes les parties prenantes doivent s’appuyer sur ces connaissances et expériences pour déployer des solutions qui garantissent un monde dans lequel les seniors peuvent s’épanouir et être autonomes.
Fondée en 1958, l’AARP est la plus grande organisation à but non lucratif et non partisane au monde dédiée aux personnes âgées de 50 ans et plus. Son siège social est établi à Washington D.C. (États-Unis). L’AARP a pour mission d’autonomiser les individus dans leurs choix de vie à mesure qu’ils avancent en âge, et contribuer à bâtir une société où chacun peut vivre dans la dignité, et se réaliser pleinement.
- Joy Barresi Saucier, MHA, RN, FACHE, est membre du programme 2025-206 Health and Aging Policy Fellow auprès de l’AARP International, où elle explore les meilleures pratiques mondiales visant à améliorer la sécurité économique des femmes âgées vivant dans les communautés rurales. Elle occupe le poste de directrice générale de l’Aroostook Agency on Aging dans le nord rural du Maine, aux États-Unis, où elle s’attache à aider les personnes âgées à s’épanouir dans leur communauté d’origine. Mme Barresi Saucier est certifiée en gestion des soins de santé et est membre de l’American College of Healthcare Executives. Elle a été présidente de la Maine Development Foundation et de la Maine Association of Agencies on Aging, et siège actuellement au conseil d’administration de nombreuses organisations locales, régionales et nationales, dont USAging. Après avoir débuté sa carrière en tant qu’infirmière diplômée de l’école d’infirmières de l’université du Maine, elle a obtenu une maîtrise en administration de la santé au St. Joseph’s College of Maine. Avant de rejoindre l’agence, Mme Barresi Saucier a occupé pendant plus de 25 ans divers postes dans le domaine des soins de santé, notamment dans les soins aux patients, la santé communautaire, la philanthropie et la direction générale. Membre du Rotary Paul Harris Fellow, elle est ancienne présidente du Rotary Club de Presque Isle, dans le Maine, aux États-Unis, et préside la Fondation du district 7790 du Rotary. Dans toutes ses fonctions, elle reste déterminée à faire en sorte que chaque individu puisse vieillir dans la communauté de son choix.
- Neurologue cognitif de formation, le Dr Vijeth Iyengar est directeur du département Global Aging chez AARP, où il dirige des recherches innovantes, promeut le leadership éclairé sur les questions liées au vieillissement mondial et cultive des alliances stratégiques afin de promouvoir la vision de l’entreprise pour la population mondiale âgée de plus de 50 ans. Auparavant, le Dr Iyengar a passé cinq ans comme fonctionnaire au sein du gouvernement américain, où il a fait avancer toute une série de politiques et de programmes visant à améliorer la santé et le bien-être général des personnes âgées américaines et de leurs familles. Au cours de cette période, qui a couvert les administrations Obama, Trump et Biden, il a occupé les fonctions de conseiller politique auprès du directeur technique du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche et de responsable de la santé cérébrale et conseiller technique auprès du sous-secrétaire adjoint chargé du vieillissement. Les écrits et les réflexions du Dr Iyengar ont été publiés dans de nombreux médias nationaux et internationaux, notamment le Bangkok Post, Brookings, le Council on Foreign Relations, Devex, Forbes et l’Hindustan Times. Entre autres distinctions, il est membre élu de la National Academy of Social Insurance, sélectionné comme Aspen Ideas Health Fellow, Presidential Management Fellow et National Science Foundation Graduate Research Fellow. Actuellement, le Dr Iyengar est chercheur senior non résident à l’Atlantic Council, membre du Salzburg Global Fellow, conseiller auprès d’Ashoka et conseiller auprès de l’ONG indienne Vayah Vikas. Né et élevé dans le sud de la Louisiane, il a été étudiant invité à l’université Cornell, où il a obtenu une licence.