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Aidants en entreprise : écouter, agir, valoriser

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Aujourd’hui, 11 millions de Français sont aidants, soit un sur six. Être aidant, c’est accompagner un proche de façon non professionnelle. C’est donner de son temps, de son énergie, souvent de son amour. Et c’est aussi, parfois, se retrouver soi-même en situation de fragilité.

Le silence, premier défi des organisations

Parmi ces 11 millions d’aidants, 55 % exercent une activité professionnelle. Pourtant, trois quarts d’entre eux n’en informent pas leur management, par crainte d’être stigmatisés. Ce silence a un coût. Humainement d’abord : des salariés présents physiquement mais absents psychologiquement, qui décrochent, s’isolent, n’osent pas demander d’aide. Économiquement ensuite : absentéisme, désorganisation, chute de productivité. Le coût de l’aidance pour les entreprises oscille entre 20 et 30 milliards d’euros par an.

Il ne s’agit donc pas seulement de justice sociale. C’est une question de performance collective. D’autant qu’à l’horizon 2030, un quart des salariés seront aidants, et aucune entreprise ne peut se permettre de négliger un quart de ses effectifs.

Passer du constat à l’action

Les constats sont établis, largement documentés. Ce qui compte désormais, c’est d’accélérer. C’est précisément l’objet de cette quatrième édition de notre journée-débat.
Au fil des années, une conclusion s’impose : les aidants n’attendent pas seulement davantage de temps. Ils ont besoin d’un cadre de confiance pour faire connaître leur situation. Il faut former les managers à prendre en compte les aidants dans leurs équipes. Valoriser les compétences acquises par l’aidance. Ouvrir le champ des solutions. Repenser les temporalités du travail pour les adapter aux cycles de vie personnelle. Et rappelons-le : les salariés aidants développent des qualités précieuses – écoute, empathie, gestion de crise. Ces compétences sont une richesse pour nos organisations, à condition qu’elles s’en saisissent.

Les femmes, toujours en première ligne

Nous vivons plus longtemps, nous travaillerons plus longtemps, nous accompagnerons plus longtemps. Cette réalité nous concerne tous, peut-être encore plus si vous êtes une femme.
60 % des aidants sont des femmes. Elles y consacrent plus de temps, plus d’énergie. Elles prennent en charge les tâches domestiques, les rendez-vous médicaux, les soins quotidiens. Cet investissement a un prix : passage plus fréquent à temps partiel, fragilisation du parcours professionnel et, à terme, risque accru de pauvreté à la retraite. On ne peut traiter la question des aidants sans traiter aussi celle de l’égalité.

Une ambition collective

Le travail n’est pas qu’une activité, c’est un lieu de socialisation, d’apprentissage, d’épanouissement. Le perdre est une souffrance pour celles et ceux qui doivent renoncer à leur emploi pour s’occuper d’un proche. Personne ne devrait avoir à choisir entre sa carrière et sa famille.
L’aidance est une réalité inévitable de la transition démographique. À nous de décider si elle devient une contrainte subie ou un levier de solidarité et d’innovation sociale. Ensemble, nous avons le pouvoir d’inscrire ce sujet au coeur des stratégies RH et d’en faire un moteur de transformation.